13.04.2012

L'HUMANITAIRE, SIGNE DE POURRITURE

J’ai déjà, dans des notes pas trop vieilles, abordé le problème des associations humanitaires, dont certaines se font appeler Organisation Non Gouvernementales (O.N.G.), pour en dire un mal que je me suis efforcé de nourrir d’arguments divers. Mais parmi les arguments possibles, il en est un que j’avais oublié, ou plutôt dont je n’avais pas compris qu’il pouvait et devait constituer mon argument en dernier ressort.

 

 

Réfléchissons : créer une association, c’est facile, c’est pas cher et – au moins dans la plupart des cas – ça ne rapporte rien. Mais, en tout état de cause, cela relève de l’initiative PRIVÉE. Et quand je me suis penché  sur cette caractéristique, j’en ai été impressionné. C’est bête, je sais, mais je suis très long à la comprenette. Car en fin de compte, une association, c’est une entreprise privée. Sans but lucratif, en principe. UNE ASSOCIATION EST UNE ENTREPRISE PRIVÉE. Et c’est pas de ma faute, je vous assure.

 

 

L’initiative privée. Franchement, je n’ai rien contre, en soi. Mais je ne peux m’empêcher de m’interroger. Oui : comment se fait-ce ? Qu’est-ce qui fait que l’initiative individuelle et non rémunérée ait à ce point explosé ? Ait pris tant de place, au point d’occuper, en certaines occasions, les rues et places publiques, les plateaux de télévision, les sorties de supermarchés ?

 

 

Comment se fait-il qu’on ait vu sans sourciller se mettre en place et se pérenniser, croître et embellir les « Restos du cœur », les « Banques alimentaires », « Emmaüs » ? Cela fourmille d’actions généreuses, dans toutes les directions où va le vent. Et tout ça pour quoi ? Pour que triomphe le principe de l’ENTREPRISE PRIVÉE. La « charité » a vaincu la « justice ». Car les gens comme BILL GATES distribuent LEUR argent à LEUR gré. La « charité » est arbitraire. Si PIERRE BERGÉ a lancé et s’occupe du « sidaction », c’est qu’il en a décidé ainsi, et que personne ne saurait le convaincre de faire autre chose.

 

 

L’humanitaire, c’est ça. Et je ne peux m’empêcher de trouver du tragique dans cette situation. Car cela signifie qu’il n’y a plus grand-chose de BIEN à attendre de la puissance PUBLIQUE. Le mouvement actuel, qui voit la prolifération des initiatives généreuses engagées par les « associations » considérées comme des entreprises privées sans but lucratif, montre que ce qu’on a appelé l’ETAT est en train de mourir sous nos yeux.

 

 

L’incroyable pullulement des associations à visée caritative et/ou humanitaire signifie que le monde est en train de procéder à la plus grande PRIVATISATION qui ait jamais eu lieu. Le triomphe de l’humanitaire et du caritatif signe la disparition de ce qui s’est appelé « Etat », « puissance publique », « bien commun ». Et atteste de la PRIVATISATION du monde.

 

 

Quand LIONEL JOSPIN gouvernait la France, entre 1997 et 2002, on a assez dit qu’il avait privatisé davantage à lui tout seul, lui, l’homme « de gauche », qu’ALAIN JUPPÉ et EDOUARD BALLADUR réunis. DOMINIQUE DE VILLEPIN a bradé les autoroutes françaises à des entreprises privées.

 

 

L’Education Nationale est en train, inexorablement, de se dissoudre en tant que principal vecteur et promoteur de l’action publique, et l’on voit fleurir les entreprises privées d’enseignement. L’hôpital public, à qui l’on demande de fonctionner selon une logique d’entreprise, est en train de voir croître et embellir, en face de lui, les hôpitaux privés. Les compagnies de sécurité privées deviennent un élément indispensable de nos décors urbains et marchands.

 

 

Des Etats (Madagascar et d’autres) vendent (c’est ce que veut dire un bail de location à 99 ans) leurs terres agricoles à la Chine, l’Inde ou la Corée. Des économistes en sont venus à calculer le montant des services rendus par la Nature (forêts primaires, océans, bientôt peut-être l’air qu’on respire).

 

 

La logique de cet immense mouvement historique de PRIVATISATION du monde est claire : ce qui appartient à une personne privée rapporte plus qu’un bien collectif (voir, dans l’histoire britannique, l’affaire des « enclosures »). Et cette privatisation de TOUT au profit de quelques-uns, la floraison des entreprises humanitaires et caritatives n’en sont qu’un des signes multiples, mais un signe indubitable.

 

 

Parmi les candidats à la présidentielle, seul NICOLAS DUPONT-AIGNAN parle de ça, à travers sa proposition d’abroger la loi de 1973. Mine de rien, cette vieille loi est un des premiers signes de la PRIVATISATION qui gouverne le monde de plus en plus impitoyablement.

 

 

Que dit-elle, cette vieille loi ? Entre autres choses, elle interdit à l’Etat français d’emprunter de l’argent à la Banque de France, et l’oblige à emprunter aux banques privées. L’argument, à l’époque, était une rationalisation de la politique budgétaire de l’Etat.

 

 

Que dit-il, NICOLAS DUPONT-AIGNAN, en proposant d’abroger cette loi ? Que l’Etat français pourrait emprunter de l’argent à 0 %. Au lieu d’engraisser honteusement des banques sur le dos des contribuables. Et de courir à leur secours quand elles se sont elles-mêmes mises dans la panade à force de folie spéculative, et toujours aux dépens des contribuables. Mine de rien, il met le doigt sur l’origine du mal qui nous menace tous : la PRIVATISATION de tout. La confiscation de tout ce qui était collectif.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

30.01.2012

LA BIBLE, C'EST TRES SURFAIT !

Je vais vous dire : la Bible, c’est très surfait. Il y en a qui en font des montagnes, qui ne s’en séparent jamais, qui l’ont apprise par cœur, qui sont prêts à se faire tuer pour elle, qui consentent même, pour elle, à devenir des assassins. Vous me direz que pour le Coran, c’est la même chose. Je sais.

 

 

Oui, on m’avait dit : « Lis la Bible, tu trouveras la vérité ». Même à Stockholm, tu te rends compte, il y a une bible (en anglais) dans la table de toutes les chambres de l’hôtel. Remarque, quand tu vas à l’Infirmerie Protestante, tu t’aperçois aussi qu’il y a une bible (en français) dans le tiroir de la table. Mais bon, c’est des protestants, ça n’excuse pas, mais ça explique. Il faut être indulgent.  

 

 

« The Good Book », ça c’est le titre d’un disque fameux de LOUIS ARMSTRONG. Il chante et joue des classiques bibliques et gospels. Mais là, c’est pas pareil, c’est de la musique. Parce que les nègres, ils ne plaisantent pas avec ça, la musique. Pour beaucoup d’entre eux, ce n’est pas un ornement de façade, c’est une personne à respecter. De l’ordre du sacré, si vous voulez. Autant que la Bible elle-même, c’est dire.

 

 

 

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LOUIS, alias SATCHMO (= BOUCHE EN FORME DE SACOCHE) 

 

A cet égard, après tout, peut-être que je suis un peu nègre sans le savoir. Je ne serais pas le premier blanc : CLAUDE NOUGARO (« Armstrong, je ne suis pas noir, je suis blanc de peau ») et NINO FERRER ( le capitaine Nino de Corto Maltese en Sibérie, de HUGO PRATT : « Je voudrais être noir ! ») m’auraient précédé. Bon, il se trouve que j’ai la peau pâle, et que finalement ça me convient. 

 

 

Mais c’est vrai que quand, par hasard, tu entres dans une église catholique (en France) pendant la messe, tu te rends compte que les chrétiens de cette espèce ignorent puissamment ce que c’est, la musique. J’ai parfois l’impression qu’ils la méprisent, même. Vous les entendez, ces chants las et lamentables, avachis, asthmatiques, exténués ? On dirait des bêtes étiques, faméliques, voire cachectiques, qu’on mène à l’abattoir se faire découper en lanières, stade ultime avant la farine animale.

 

 

Les nègres ? Ecoute-les un peu, pendant un office, quand le pasteur, pris d’enthousiasme, psalmodie en improvisant les paroles, soutenu par les répliques ferventes de l’auditoire. Ma parole, c’est sûr, tu perdrais presque l’habitude de ne pas croire.

 

 

C’est sûr qu’à Frontonas, malgré tout, pour le Credo et le Gloria, les phrases (en latin) étaient chantées alternativement par les filles des premiers rangs à droite et par les hommes assis en demi-cercle derrière l’autel, dans le chœur. C’était aussi de la musique, c’est vrai, mais bon. Rien à voir. C’est plus tard que j’en suis venu à SISTER ROSETTA THARPE et MAHALIA JACKSON.

 

 

Je me dis que peut-être, s’il y avait eu, dans nos églises bien catholiques, une goutte d’enthousiasme dans les cantiques, comme dans les gospels endiablés chantés par les nègres dans leurs offices, le catholicisme en France n’aurait pas ce visage triste, blafard, souffreteux, livide et, pour tout dire, cadavérique. Et que je serais peut-être encore croyant, va savoir. Bon, c’est peut-être surestimer l’importance de la musique.

 

 

Bon, alors, la Bible, le livre de la vérité ? A force de me l’entendre dire, j’ai fini par y mettre le nez. Eh bien, j’ai vu. Et je conclus que c’est très exagéré. Il n’y a sans doute pas plus de vérités dans la Bible que de mensonges. La preuve :  

 

« Il y a trois choses qui me dépassent,

et même quatre que je ne comprends pas :

la trace de l’aigle dans les cieux,

la trace du serpent sur le rocher,

la trace du navire au milieu de la mer,

et la trace de l’homme chez la jeune fille ».

(Proverbes, XXX, 18, traduction du chanoine CRAMPON)

 

Si, si, c’est dans la Bible. Moi qui ai un mal de chien à me rappeler les blagues, vous savez, celles qui font marrer tout le monde à la fin du repas, celle-là, je la connaissais, mais avec une variante. Ce n’était pas l’aigle, mais le nuage, qui passait dans le ciel sans laisser de trace. Bon, on ne va pas épiloguer. L’aigle ou le nuage, le serpent, le bateau, je veux bien. Mais la jeune fille ? Est-ce que c’est sérieux ? Moi, j’ai plutôt l’impression que le gars qui a écrit ça me prend pour une bugne.  

 

 

Prenez-la pucelle, prenez-la déjà un peu ou carrément usagée, qu’est-ce que ça veut dire ? Que lorsque l’homme ressort de la jeune fille après sa petite affaire, c’est comme si rien ne s’était passé ? Est-ce que ça signifie que l’orifice féminin est aussi inconsistant que l’air dans le ciel ? Aussi fuyant que l’eau de la mer ? Je laisse de côté le rocher, parce que … ça ne fait pas très réalistequand on examine posément la question. Quoi qu'il en soit, la Bible semble faire du féminin quelque chose qui n’est pas grand-chose.

 

 

Et puis franchement, pour l’engin masculin, c’est exactement la même chose : sans vouloir verser dans le vulgaire, y reste-t-il accroché quelque chose de l’antre féminin qu’il vient de visiter, en dehors des éventuels bocons, morpions, cirons, flocons et autres moutons, après la douche ? Dans ce cas, pourquoi seule la jeune fille est-elle citée ? N’y a-t-il pas quelque misogynie à la stigmatiser elle seule ? Et puis, est-ce qu’il n’y aurait pas, par hasard des traces autres que les visibles ?

 

 

C’est vrai que, dans certaines circonstances, la trace laissée par l’homme dans la jeune fille finira par se voir, au bout de quelque temps (9 mois environ).  Mais en dehors de ça, si quelqu’un peut m’expliquer la possible signification théologique, il est le bienvenu. S’il faut avoir Bac + 12 pour lire la Bible, ça augure mal de sa compréhension par les masses croyantes.

 

 

Une petite mention en passant pour les « madrasas », où les Pakistanais, Indonésiens et autres musulmans apprennent le Coran par cœur dès le plus jeune âge. Je signale que "taliban" vient de "taleb", qui veut dire "étudiant" (j'imagine qu'il étudie en tout et pour tout le Coran). Ça vaut les sectes protestantes. En pire. Tous ces gens qui, ayant appris par cœur des centaines, voire des milliers de pages qu’ils se récitent en boucle dans leur disque dur, moi ça me flanque la frousse. Parce que ça suppose que, tant que tu ne fais pas la même chose, tu restes leur ennemi.

 

 

Et les plus atteints, donc les plus dangereux, c’est ceux qui s’en tiennent une fois pour toutes à la lettre. J’ai connu un étudiant qui s’était fait embrigader dans les témoins de jéhovah, et qui n’en démordait pas : quand on lit la bible, on n’a strictement aucun besoin de lire quelque autre livre que ce soit. Je te dis pas l’étendue de sa culture générale.

 

 

Cet autre, qui s’appelait Taoufik, il était pourtant intelligent, avide d’apprendre, et c’est vrai qu’il en savait plein, des choses. Et puis un jour, il est arrivé, et il a déclaré fièrement que le Coran rend absolument inutiles, donc condamnables et combustibles, tous les autres livres. Il s’était laissé pousser la barbe.

 

 

C’est exactement ce principe qui a guidé le calife OMAR, en 642, quand il ordonna de détruire les 700.000 volumes que recelait la bibliothèque d’Alexandrie : « Si c’est dans le Coran, on n’en a pas besoin. Si ça n’y est pas, ce sont autant d’impiétés ».

 

 

Finalement, la Bible, c’est très surfait. Je n’avais déjà pas très bonne opinion des méthodistes, adventistes, mormons, quakers, témoins de jéhovah et autres sectes inventées grâce à la trouvaille que fut, chez les protestants, le lien direct établi spontanément entre Dieu et son croyant.  

  

L’appellation qui remporte tout mon suffrage, c’est l’Eglise de Jésus Christ  des Saints des Derniers Jours. C’est les mormons, ça, à vue de pied de nez ? Mais, comme dirait BRASSENS : « Moi mon colon celle que je préfère, c’est la guerre de 14-18 ». Chacun de ces protestants est à lui tout seul une petite entreprise qui ne demande qu’à prospérer, à s’étendre, à se répandre. « Allez, enseignez toutes les nations », qu’il dit, l’autre. On n’a pas fini d’en chier, avec les guerriers de dieu, les missionnaires, les prosélytes.

 

 

Bon, c’est vrai qu’ils n’en sont pas encore, les protestants, comme certains autres, à faire tenir leur pantalon avec une ceinture explosive au milieu des « infidèles », si possible des femmes et des enfants. Mais, la bombe en moins, c’est kif-kif bourricot.

 

 

Bon, on m'a dit qu'il n'y avait pas que ça dans la bible. Je la rouvrirai peut-être, mais à une autre page, en espérant tomber sur un passage plus rigolo. En tout cas, moi, je suis bien content d’être immunisé.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

NOTE A BENNE : je sais, on va me dire que je plaisante avec des choses sacrées, que la bible est le plus grand best-seller de tous les temps, et patali et patala. Que voulez-vous, je ne peux pas demander à ma mère qu'elle me refasse. Elle se fait vieille.

 

 

 

 

21.01.2012

ET UNE TÊTE DE ROI SAUCE GRIBICHE !

Résumé : la « décollation » (c’est comme ça qu’on dit) de LOUIS XVI a créé de l’irréversible. Je voulais évidemment marquer la date mémorable du  21 JANVIER 1793.

 

 

 

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UNE TÊTE DE LOUIS XVI 

 

Comment en est-on arrivé là ? On n’est pas au cours d’histoire. Mais il y a quand même un truc qui me frappe. Lors de la Révolution, les députés qui entendaient changer quelque chose à l’ordre des choses se sont assis les premiers dans la partie gauche de l’hémicycle. Ceux qui voulaient le conserver plus ou moins tel quel, dans la partie droite. C’est depuis ça qu’on parle de « droite » et de « gauche ». Je parle de l’aspect général, pas des détails, des nuances et des moments.

 

 

Tout le 19ème siècle a vu cet affrontement (1848, 1871, affaire Dreyfus, laïcité, …). Il ne faut pas s’imaginer que l’ordre ancien se laisse badibulguer sans résistance. Parce que 360 bonshommes, c’est un tout petit peu moins de la moitié des voix, mais ils ne vont pas sans regimber se laisser guillotiner par 361 régicides. Chez les loups, les vrais, on est bien plus avisé : le moins fort adopte rapidement la position de soumission. La Révolution n’a certes pas inventé la guerre sociale, mais elle l’a drôlement structurée, je trouve.

 

 

J’ai en effet l’impression que toute l’histoire récente (1789 en général et 1945 en particulier) de la France a dépendu de cet abîme creusé entre deux France antagonistes par ceux qui ont raccourci le roi en 1793. Comme si la Révolution avait définitivement crispé deux muscles dans un bras-de-fer éternel entre le bras droit et le bras gauche du même corps. Bon, on va dire que je suis en train d'inventer l'eau tiède. J'avoue, mais attendez la fin quand même.

 

 

Je n’en suis pas à dire « Embrassons-nous Folleville » (EUGÈNE LABICHE) ! Je ne suis même pas loin de penser que ce ne sont pas deux bras d’un même corps, mais attachés aux troncs de deux individus différents, qui revendiquent chacun la possession d’une seule identité : la leur. J’ai l’impression que, depuis la Révolution, c’est l’identité française qui est divisée et qui dit : « Ma main droite te caresse, et ma main gauche te gifle ».

 

 

Parce que la Révolution, ça a été drôlement indécis, si on regarde la durée, rien que depuis les Etats-Généraux jusqu'au 9 Thermidor : 5 ans. CINQ ANS ! Les « révolutionnaires arabes » qui la ramènent, c’est rien que des blancs-becs. On verra dans quatre ans, tiens, où ils en sont. Je me dis que les nôtres, c’est un peu comme des couvreurs qui, en zigouillant le roi et tout le paquet de sacré qui allait avec, auraient eux-mêmes fait tomber l’échelle avec laquelle ils sont montés sur le toit : pour redescendre sur terre, il ne reste plus qu’à sauter. Dans l’inconnu.

 

 

En 1793, l’échelle, c’est la tête du roi. C’est un raisonnement du genre « tout ou rien ». Du genre « pacte de sang » : tous complices, donc tous solidaires. Aucun rachat possible. Si c’est une faute, elle est inexpiable. Sinon, on appellera ça un « acte fondateur ». Un peu comme le meurtre rituel du roi chez les « primitifs », dont parle RENÉ GIRARD dans La Violence et le sacré. Le meurtre qui unifie tous les membres de la nation.

 

 

Sauf qu’ici, on est dans un schéma « mythe contre mythe ». La Révolution contre l’Ancien Régime. Le nouveau mythe (la République) n’a pas arraché les racines de l’ancien (le Roi), et pour cause : quoi que tu fasses, le second fait partie du passé collectif. Difficile de s’amputer ou de se déraciner soi-même. Comment unifier les contraires ? ALFRED JARRY a accompli l’exploit de cet oxymore réalisé (dans la ’pataphysique). Mais la gauche et la droite, ce n’est pas envisageable.

 

 

 

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ALFRED JARRY, INVENTEUR DE LA 'PATAPHYSIQUE

GRAVURE SUR BOIS DE FELIX VALLOTTON 

 

Que serait-il arrivé si le roi n’avait pas été décapité ? Là, tu m’en demandes trop. Peut-être que ses partisans, aidés de tous ses « cousins » couronnés d’Europe, auraient eu la peau des Révolutionnaires. Va savoir. Et on ne serait peut-être pas là pour en parler. Toujours est-il que, depuis, droite et gauche demeurent irréconciliables. Je sens que je vous apprends quelque chose, non ?

 

 

La seule solution, c’est de dissoudre. Quoi ? Mais précisément : la gauche et la droite, voyons ! S’il n’y a plus ni gauche ni droite, où sera le problème ? C’est comme le cercle de BLAISE PASCAL et de quelques autres qui l’ont précédé : le centre est partout, la circonférence nulle part. Dit autrement : tout est dans tout, et réciproquement.

 

 

Mais dis-moi au moins, blogueur patafiolé, dissoudre, pourquoi pas, mais par quel miracle ? Mais, cher lecteur, par le miracle de l’économie de marché, de la concurrence « libre et non faussée » et de l’Ecole Nationale d’Administration, que toutes les planètes habitées nous envient. Les révolutionnaires n’avaient rien compris. Ils croyaient que leurs idées devaient triompher, et ils étaient prêts à se faire étriper pour ça. C’est fini. Maintenant que MARX a définitivement perdu la bataille, et même la guerre, c'est fini.

 

 

Tu élimines les idées, autrement dit, tu fais de la politique sans politique, et tu apprends aux futurs politiciens à bien gérer, à bien administrer les affaires d’un pays. Tu les mets sur les mêmes bancs de la même école. Ils apprennent les mêmes choses, à s’apprécier, à se tutoyer. Tant que la « politique » ne s’apprenait pas à l’école, c’est sûr, le pire était à craindre, le pays à feu et à sang et tout ça.

 

 

On a remédié à cette tare : ils ont tous appris à « gérer » les affaires. C’est le service comptable qui est aux commandes. Elle est bien oubliée, la tête du roi. Elle ne peut même plus servir d'épouvantail. Elle est devenue, au sens propre, INSIGNIFIANTE. Et la droite et la gauche ont cessé d’être des adversaires, voire des ennemis, et ne sont plus que des rivales dans la conquête et la conservation du POUVOIR. La gestion a eu raison des idées politiques. Maintenant, "gauche" et "droite" sont de simples éléments d'un décor de théâtre.

 

 

La mort du roi LOUIS XVI, aussi longtemps que j’ai cru qu’on était en République, je l’ai fêtée dignement, commémorée fidèlement, célébrée pieusement, évoquée religieusement. Et joyeusement, s’il vous plaît. Avec le saucisson (ou la tête de veau gribiche) et le vin rouge républicains, s’il vous plaît. Et le bonnet phrygien de rigueur. Avec la fanfare, la clique et l’harmonie pour le « ça ira », « la carmagnole » et tout le saint frusquin.

 

 

Et puis voilà que, maintenant, je me demande ce qui m’arrive, je n’ai plus le cœur à ça. Fini, vidé de sa substance, le 21 janvier. Qu’est-ce qui m’arrive ? Me voilà comme GEORGES BRASSENS le 22 septembre : « Un vingte-deux septembre, au diable vous partîtes, et depuis, chaque année, à la date susdite, je mouillais mon mouchoir en souvenir de vous. Or nous y revoilà, et je reste de pierre, pas une seule larme à me mettre aux paupières. Le 22 septembre, aujourd’hui, je m’en fous ».

 

 

 

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Voilà, c’est arrivé. J’ai mis le temps, vous me direz. Certes. Je n’ai même plus envie d’aller me foutre de la gueule des royalistes et de leur messe commémorative, avec leur folklore, leur latin et leurs déguisements. La technique, la finance et le spectacle ont pris le pouvoir. Plus besoin des idées politiques. Et la mort de LOUIS XVI, aujourd’hui, je m’en fous. Et après tout, pourquoi pas royaliste ?

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

 

20.01.2012

TÊTE DE LOUIS XVI ET PENDULE DES JORASSES

Aujourd’hui, ça part d’assez loin. Mais je vous promets que j’y arrive, à mon sujet du jour. LAO-TSEU l’a dit : « La rivière de la vérité ne craint pas les méandres de la pensée qui déverse son eau de vaisselle à gros bouillons dans la mer des Sargasses à l’époque de la reproduction des anguilles qui en sont très friandes ». Après un truc pareil, je crois que j’ai mérité quelques minutes de repos, rien que pour le plaisir de contempler. Je me dis que FREDERIC DARD devait faire pareil après une page bien sentie sur Bérurier.

 

 

Alors voilà, bon, ça commence. Quand on sort de la gare du Montenvers et qu’on regarde vers le fond de la Vallée Blanche, on repère immédiatement la grande barrière rocheuse qui sépare la France de l’Italie. Cela s’appelle Les Grandes Jorasses. Respect. La pointe la plus à gauche (c’est-à-dire à l’est), c’est la « Walker » (4200 et des poussières).

 

 

 

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LES GRANDES JORASSES

AU-DESSUS DE LA VALLEE BLANCHE

 

 

 

Il y a des gens, on se demande pourquoi, qui ne rêvent que d’une chose : arriver au sommet. Les plus cinglés d’entre eux ont tracé sur une photo de la face nord (côté Chamonix, celle qu’on voit) une ligne droite qui part d’en bas et arrive en haut. Quelques-uns sont parvenus à la suivre. Ils sont fous, ces Romains !

 

 

Mais on n’est pas là pour parler d’alpinisme. La voie directe comporte une particularité particulière : le « PENDULE ». Qu’ès aco ? Tout le monde connaît le professeur Tryphon Tournesol : « Un peu plus à l’ouest » est dans toutes les mémoires.

 

 

Un pendule, c’est un petit objet chargé de graviter au bout d’un fil, et dont les mouvements donnent aux initiés des informations très claires et très mystérieuses. Sur quoi ? Je répondrai que ça les regarde. Approchez voir un pendule d’une télévision (cathodique), et vous verrez la samba, plus la lambada, plus la bossa-nova ! C’est magique ! Mieux que le Carnaval de Rio.

 

 

Dans la paroi rocheuse dont il est question, le pendule, ça veut dire qu’arrivé en un certain point, tu installes la corde une longueur (30 mètres) au-dessus. Tu redescends. Tu te lances alors dans un joli balancement pendulaire. Tu prends pied sur une vire située latéralement un peu plus loin, mais juste dans l’axe vertical de la voie. A ce moment-là, réfléchis bien avant de commettre l’irréparable : tu récupères la corde !

 

 

 

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On suppose que tu sais ce que tu fais. Parce qu’à partir de là, toute retraite est coupée, même en rappel. Ce n’est plus le temps d’avoir des regrets. Une seule solution : sortir par le sommet. Aucun retour en arrière n’est plus possible. Ça veut dire qu’il faut être vraiment sûr de toi et du copain de cordée. Ça veut dire qu’il faut oser. Voilà, c’est ça, le « pendule ».

 

 

Un certain Agathocle (Ἀγαθοκλῆς, on est en 311 avant « le » J. C.), qui menait une guerre contre Carthage, avait fait preuve de la même détermination en débarquant de Sicile sur la terre africaine : pour montrer à ses hommes qu’il avait bien l’intention d’aller jusqu’au bout, il avait fait brûler les vaisseaux qui les avaient conduits jusque-là, rendant tout retour impossible. Agathocle est sorti des mémoires, mais l’expression « brûler ses vaisseaux » est restée. C’est la même chose que le « pendule des Jorasses ».

 

 

J’allais prendre, comme troisième exemple, celui de l’homme qui, après avoir bien fixé la corde au crochet du plafond, fait tomber la chaise sur laquelle il est monté et qui reste pendu par le cou, mais s’il y a des enfants qui lisent ce blog, je ne voudrais pas risquer qu’on me fasse des reproches, alors je n’en parlerai pas (les rhétoriciens attentifs auront noté ici une prétérition). Cela n’empêche pas que le principe est toujours le même : quand tu n’a plus rien à perdre, tu te débrouilles pour te couper tout espoir de retraite. La chaise qui tombe, c’est le « pendule des Jorasses ».

 

 

Le 21 janvier 1793, c’est le geste fou qu’elle a fait, la Révolution française. Elle s’est élancée vers la Walker des Jorasses. Elle a « brûlé ses vaisseaux ». A-t-elle fait tomber la chaise ? C’est beaucoup moins sûr. C’est vrai que la décision s’était prise quelques jours avant, exactement le 17, à 21 heures : « La peine prononcée contre LOUIS CAPET est celle de mort ». C’est VERGNIAUD qui parle.

 

 

 

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LOUIS, SEIZIEME DU NOM

 

 

 

Il faut dire que, comme c’est lui qui préside la « Convention », c’est à lui d’annoncer. Ils ont été 334 à s’opposer à la condamnation à mort. Mais depuis que c’est la majorité des voix qui emporte la décision (ça ne fait pas très longtemps, vérifiez), ils ne peuvent rien contre les 387 régicides.

 

 

Il est vrai que le scrutin est entaché de divers soupçons de fraude (achats de voix (déjà !), marchandages, tripatouillages divers). Il faudra en organiser un second, le lendemain. Le résultat est beaucoup plus serré : 361 contre 360. Il n’empêche, c’est bien la majorité plus une voix qui l’emporte. Le 21 janvier 1793, le roi de France, LOUIS, seizième du nom, est donc exécuté sur la place qui n’est pas encore « de la Concorde ».

 

 

Alors on me demandera peut-être comment, en partant des Grandes Jorasses, j’arrive à l’exécution de LOUIS XVI. C’est une bonne question et je vous remercie de l’avoir posée. Je réponds benoîtement que c’est la même chose. Mais si ! A partir du 21 janvier 1793, toute retraite est coupée. Il ne sera plus jamais possible de faire comme si on ne lui avait pas coupé le cou suivant le pointillé, à CAPET. Cela fera demain 219 ans que cet irréparable s’est accompli.

 

 

Ce soir, messe royaliste à l’église Saint Denis de la Croix-Rousse, rue Hénon, à 18 heures trente.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

Suite et fin demain.

 

 

 

14.11.2011

L'EUROPE EST UNE SAINTE (1)

Bon, alors on a compris que l’Europe est devenue une prostituée mise sur le trottoir par son maquereau. Eh oui, ce qu’on appelle complaisamment la classe politique, avec un nombre impressionnant d’hommes de premier plan, qui ont voulu à toute force « construire l’Europe ». Avec un coup de pied dans les fesses de la pute, au son de la CONCURRENCE LIBRE ET NON FAUSSEE.

 

 

Sans entrer dans le détail du complot, au centre duquel figure la « monnaie unique », disons que la prostituée va devoir cracher le maximum, au nom de cette trouvaille géniale : « concurrence libre et non faussée ». Pourtant, la pauvre Europe, elle n’a pas mérité les tombereaux d’avanies et d’ordures que le monde déverse depuis quelque temps sur son pauvre corps mis à mal. Comme dit GEORGES BRASSENS : « C’est pas tous les jours qu’elles rigolent, parole, parole ! ».

 

 

C'est entendu, je ne parlerai pas des avanies financières que des traders et des spéculateurs à tendance nazi font pleuvoir sur l'Europe tant qu'elle n'a pas été réduite à quia. Je ne parlerai que de ces vieux remugles d'arrière-boutiques, de ces causes qu'affectionnent les  mauvais avocats tiers-mondistes en mal de thune et de publicité, tel cet ahuri qui demandait récemment aux tribunaux belges d'interdire définitivement un odieux pamphlet raciste, un insupportable brûlot colonialiste : Tintin en Afrique.

 

 

Je ne parlerai que des reproches adressés aux Européens en général, et aux Français en particulier.

 

 

1 – LA REPENTANCE

 

Et d'abord, ils sont combien à lui demander des comptes ? Et sur le mode sévère ! Pauvre Europe. La repentance ! En chemise et la corde au cou ! Comme les bourgeois de Calais ! Eh bien parlons-en, de la repentance ! Encore une belle imposture que certains enfoncent à plaisir dans le gosier des Européens, et que le gosier de certains avale sans sourciller comme vérité d’évangile.

 

 

Tiens, l’Algérien. Comment il s'appelle, déjà ? ABDELAZIZ BOUTEFLIKA. Pour lui, la France doit se repentir. C’est la condition d’une « réconciliation », mais seulement si lui l’Algérien veut bien consentir à solder  l’affaire. A mon avis, l’Algérien n’est pas près de décréter la France libre de dette : on ne lâche pas si facilement le « pigeon » et le « fromage » quand on tient bien en main une telle vache à lait qu’on peut traire à volonté. Monsieur BOUTEFLIKA (ou plutôt les généraux qui tiennent les fils de sa marionnette) ne se « réconciliera » vraiment avec la France que lorsqu’il lui aura fait cracher au bassinet plus que le maximum.

 

 

Car c’est entendu, le colonisateur, c’est le méchant. Le colonisé, de son côté, il est devenu un icône, il est béatifié, angélifié, statufié, vertuifié. En tout cas du côté du BIEN inoxydable. On est maintenant estampillé « colonisé » ad vitam aeternam. Y compris quand le colonisateur a déguerpi depuis un demi-siècle. Tout est dans l’étiquette. Et celle-ci accorde, à tous ceux qui ont ainsi été nommés chevaliers de l’ordre du colonisé,  un droit définitif sur le colonisateur. Pourquoi s’en priver ?

 

 

Moyennant quoi, ça va faire cinquante ans qu’il n’y a plus de colonisés  en Algérie, et que le peuple algérien se fait royalement plumer par la clique algérien au pouvoir, qui lui maintient la nuque sous la botte, tout en fermant les yeux sur le sport national, le « trabendo ». Le « trabendo » algérien, c’est ce qui s’appelle chez nous « système D ». Appelez ça, si vous voulez, travail au noir. Autrement dit, tous les petits trafics qui aident les petites gens à survivre.

 

 

Pareil pour les autres pays que la France a colonisés : Afrique Occidentale Française, Afrique Equatoriale Française, comme on disait, avec quelques confettis maritimes à droite et à gauche. Mais c’est en Afrique que c’est le plus visible. En haut, une élite achetée qui a conclu un pacte avec le colonisateur qui s’en va, promis, juré. En bas la piétaille, le petit peuple, les gens de rien du tout. C’est pas beau, l’INDEPENDANCE ? C’est merveilleux, quand on y pense. Pour l’Algérie, c’est 1962. L’élite  algérienne s’appelle, en gros, l’Etat-Major des armées. A lui le gros du trafic. A la piétaille le trabendo.

 

 

D'autant plus que, c’est bien connu, l’Algérien n’a jamais, avant 1830, envoyé ses bateaux pirates en Méditerranée, n’a jamais pratiqué l’enlèvement crapuleux d’Européens et, pour tout dire, de chrétiens, pour en obtenir des rançons substantielles. L’Algérien que le Petit Satan français a réduit en servitude à partir de 1830, a toujours été plus innocent que l’agneau qui vient de naître, et surtout, il n’a jamais commis aucune violence. Ben voyons ! Je poserai simplement la question : qui a réduit au silence, en 1962, la résistance FLN dite de l'intérieur ? Et cette autre question : et les harkis ?

 

 

Finalement, il doit faire marrer les vrais connaisseurs de la situation, BOUTEFLIKA, avec ses remontrances et ses chantages à l’ancien colonisateur ! « Que la France fasse repentance pour les crimes commis ! ». Vas-y Toto ! Lui et ses copains n’ont bien sûr aucun sang sur les mains ! Comme on dit, c’est l’hôpital qui se fout de la charité. Ou encore, c’est l’histoire de la paille et de la poutre. Cela ne veut évidemment pas dire que la France était dans son bon droit en occupant l’Algérie.

 

 

Il y a aussi, naturellement, les Noirs. Pas n’importe quels Noirs : TOUS  les Noirs de la planète. C’est curieux, on dirait parfois qu’il suffit de cette  couleur de peau pour hériter le statut d’esclave. La "négritude" chère à SENGHOR. Comme si être Noir portait brevet de descendant d’esclaves ! Pour eux, il s’agit de poser un pied triomphant sur le grand fauve désormais à terre : « chacun son tour », déclarait une personne qui m’est très chère ! Quelle erreur ! Quel aveuglement ! Quel mensonge, si c'était dit par quelqu’un bien au fait de la vérité !

 

 

Les Algériens ne se doutent pas de la chance qu’ils n’ont pas eue : avoir des ancêtres esclaves. Ils devraient être jaloux. Mais l'histoire ne repasse pas les plats. Esclave ? Mais oui ! Ça te fait une carte de visite pour les quatre siècles à venir. Que dis-je : un passeport, un droit d’entrée, la facture de la revanche que tu présentes au coupable, qui baisse aussitôt la tête et se frappe la poitrine.

 

 

Prononce-le, ce mot : ESCLAVAGE. Tous les Blancs de la planète s’arrachent les cheveux, se griffent le visage, se couvrent de cendre, se prosternent. Bref : ils demandent pardon. Enfin, pas tous. OBAMA, il leur a fait le coup de la repentance, mais c'est pour avoir la paix. Car globalement, c'est la GRANDE REPENTANCE. Parce que les Blancs (les peuples, pas les Etats) sont convaincus qu’ils sont intrinsèquement mauvais. Enfin, leurs ancêtres.

 

 

Oublions bien vite, évidemment, que le premier esclavagiste de Noirs fut un Noir. Le second fut un Arabe. Le Blanc ne monte que sur la troisième marche du podium. Yapafoto, comme on entend dire aujourd’hui. Je ne mentionne pas ici les fourchettes d’estimations établies par les historiens : une fourchette qui varie du simple au double, il vaut mieux s’en passer. Mais ils ne contestent pas, en général, l’ordre de préséance.

 

 

Disons simplement que les historiens, selon qu'ils sont Blancs ou Noirs, c'est-à-dire scientifiques ou militants (là j'exagère), parlent de 10.000.000 à 25.000.000 pour le commerce transatlantique. Ce faisant, ils oublient d'ailleurs le commerce intra-africain et le commerce trans-saharien, qui fut sans doute bien plus florissant, car étalé sur une durée bien plus longue.

 

 

Héritage solide et permanent des guerres de l’antiquité, le Noir vaincu  de la guerre du jour devient le lendemain un travailleur gratuit pour le compte de son Noir vainqueur. Et en Afrique, c’est une tradition solidement établie, et si solidement qu’elle se perpétue de nos jours. Avec ce progrès que la guerre n’est plus nécessaire, même si ça aide bien. Il suffit que la tradition soit « établie ».

 

 

On peut s’en convaincre en lisant l’histoire de cette femme malienne, racontée il y a quelque temps dans Le Monde, qui déclare à sa fille qu’appartenant à une ethnie inférieure, il est normal qu’elles soient esclaves. Ami lecteur, va te balader aujourd’hui même au Mali, au Niger, et autres pays à haut potentiel touristique, et sors du circuit mitonné et acheté en agence. Va voir le « pays réel ». C’est là que tu découvres le Noir esclavagiste du Noir. Et c’est aujourd’hui ! Du coup, c'est l'Européen qui devient le Bon, dans l'histoire.

 

 

Oublions aussi, pendant que nous y sommes, l’esclavage transsaharien. Ben oui, quoi, l’Egypte, l’Arabie, tout le Proche Orient, où allaient-ils chercher leurs travailleurs ? J’ai parlé des Ottomans qui sont allés ratiboiser les villages chrétiens de l’Europe orientale de leurs garçons chrétiens, pour faire des plus costauds d'entre eux des Janissaires bons musulmans. Et ça a duré des siècles. Ben oui quoi, le coran dit qu'un musulman n'a pas le droit de rendre esclave un autre musulman, mais il ne dit rien de tous les autres.

 

 

Les Arabes (qui ne sont pas des Turcs) ? Ils ne sont pas en reste : ils sont allés puiser leur main d’œuvre en Afrique noire. A travers le désert. Il fallait vraiment un appât du gain à l’épreuve du sable et de la soif. C’était un temps où certains hommes étaient des valeurs d’échange. Et depuis le huitième siècle ! Aujourd’hui, leurs bateaux jettent leurs filets dans les eaux des Philippines et lieux circonvoisins pour ramener leur main d’œuvre servile. En respectant si possible les formes extérieures du contrat de travail (?).

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

A suivre ...

 

 

20.05.2011

SAINT CLAIR STRAUSS-KAHN

Tout le monde sait à présent que Dominique Strauss-Kahn a pu sortir de prison. Mais ATTENTION, à des conditions draconiennes : résidence surveillée, bracelet électronique, un garde armé à sa porte. Et ATTENTION, tout à ses frais. Et pis en plus, il a dû verser une caution de un million (1.000.000) de dollars. Tout à ses frais. Et encore pire : il a dû avancer un "dépôt de garantie" (il paraît qu'on dit comme ça) de 5.000.000 (cinq millions) de dollars. Il va louer un appartement à Manhattan, à ses frais. Cela lui reviendra à 200.000 dollars par mois. Et ATTENTION : TOUT A SES FRAIS.

Ah bon ? Vraiment ? C'est vrai que vous savez pas ? Allons donc ! Vous devez être au courant quand même ! Ah non ? Alors bon, je crache le morceau. A vrai dire, c'est pas moi qui crache. Il semble même que ce soit une affaire connue. C'est dans Le Monde du 19 mai, en page 3. C'est signé de la si neutre, si impartiale, si objective Raphaëlle Bacqué. C'est même intitulé, comme preuve d'objectivité, Combattante jusqu'au bout. Quel beau titre pour le bel article d'une belle journaliste qui fait honneur à la profession ! Qu'est-ce que c'est bien, de porter secours à ce pauvre couple dans l'épreuve, que certains parlent même de TRAGEDIE GRECQUE ! Retenez bien le nom de RAPHAËLLE BACQUÉ.

Faut-il qu'elle soit amoureuse, après tout ce temps, après toutes ces frasques, ANNE SINCLAIR ! Ben oui, bande de ceci-cela, c'est pas Strauss-Kahn qui raque : c'est ANNE SINCLAIR, autrefois journaliste (et autrefois épouse du grandissime journaliste, l'institutionnel IVAN LEVAÏ). Honnêtement, j'aurais été à sa place, j'aurais surtout  demandé à NE PAS travailler, à NE PAS apprendre un métier. J'aurais juste appris à GERER MA FORTUNE. Il y a des conseillers pour ça (voir Liliane Bettencourt). Car, eh bien oui : ANNE SINCLAIR était accessoirement journaliste, très accessoirement. Mais vous avez vu comme elle a pas renâclé quand Dominique s'est inscrit aux primaires socialistes en 2007. Elle s'efface. Elle abandonne son émission avec le sourire. C'est pas beau, ce sacrifice féminin ?

Mais c'est vrai que, comme on disait autrefois à la campagne, "Madame a de quoi". Oh, pas par son mérite personnel, enfin, elle en a sûrement : il y a des choses qui aident. Elle est la petite fille de PAUL ROSENBERG. Vous ne savez peut-être pas qui c'est : je vous le dis. Enfin, c'est Raphaëlle Bacqué qui le dit : "le grand marchand d'art de l'entre-deux guerres". Je continue : "Plusieurs centaines de millions d'euros, notamment en tableaux". Comme il est juif, il s'en va (il a évidemment raison). Les nazis lui piquent tout, mais à la libération, il récupère tout.

ANNE SINCLAIR est la petite fille. Fille unique aussi, ça aide. Bref, c'est une HERITIERE. Bon, c'est comme ça : il n'y a rien à dire. Mais la caution, le dépôt de garantie, le garde armé, l'appartement à Manhattan, Dominique Strauss-Kahn, il s'en tamponne : "C'est mon épouse qui raque". Elle est tellement amoureuse, n'est-ce pas. Il me semble avoir lu quelque part, mais je ne suis pas sûr, que, lorsque Dominique a été nommé Directeur Général du FMI, elle a fait un chèque de 3.000.000 de dollars pour une maison à Georgetown, que je sais même pas où c'est, mais ça doit être pas trop loin de New York. Et dans Le Monde du 21 mai, en page 23, Nicolas Beau, journaliste, qui écrit : "Même le coût de ses [DSK] costumes chez le tailleur de Barack Obama à Washington (...) est considéré comme un secret d'Etat par sa garde rapprochée". Parce que c'est Anne qui raque ?

Alors on pourra me dire ce qu'on voudra, on pourra essayer de m'apitoyer sur le "véritable drame" que vit l'ex-directeur du FMI (un des "hommes les plus puissants de la planète"). On pourra, comme s'y essaie méritoirement Raphaëlle Bacqué dans Le Monde, me vanter le courage, l'opiniâtreté, l'héroïsme (j'exagère, bien sûr) de Madame ANNE SINCLAIR. J'ai du mal, simplement, à m'intéresser à ce "drame", à participer à cette "épreuve". Ces gens-là n'habitent pas la même planète que moi. Je peux même citer Sarkozy (trouvé dans Le Canard enchaîné de mercredi 18 mai, en bas de la page 2) : "Anne Sinclair dépense en un mois plus que ma famille pendant un quinquennat". Quand on sait combien Sarkozy est "avare" (?) du fric du contribuable ... Et quand on sait combien j'adooooooooore Sarkozy ...

L'image de la France, la place de la France dans le monde, alors là, c'est autre chose. Mais je demande : pourquoi les socialistes ont-ils misé sur ce cheval, qui a "chuté dans la rivière des tribunes" (comme on dit à Longchamp ou à Auteuil) ? Est-ce qu'ils n'étaient pas au courant des "faiblesses" de leur poulain (François Hollande n'a-t-il pas consolé la fille (Tristane Dabon ?) d'une députée PS, agressée sexuellement par DSK, mais qui n'a pas déposé plainte ?) ? Réponses : 1 - peut-on appeler "socialiste" quelqu'un dont la femme est capable de craquer d'un seul coup des millions de dollars, comme vous craquez un allumette ? 2 - ce qu'on appelle le Parti "Socialiste" (là je me marre) fonctionne exactement comme son adversaire supposé (mais c'est plutôt "je te tiens tu me tiens par la barbichette") : L'OEIL SUR LES SONDAGES (voyez mes notes du 29 avril et du 2 mai). Comment, avec un tel tableau, voulez-vous avoir ce qu'on appelait autrefois des IDEES POLITIQUES ("le projet, le projet, le projet !", comme les gamins à la cantine : "à manger, à manger, à manger !") ? Comment voulez-vous, avec de tels personnages, croire au sérieux de leur rôle, de leurs paroles, de leurs convictions mêmes ?

C'est la France qui est, quoi qu'il arrive, avec de tels chevaux, MAL EMBARQUEE.

 

 

 

16.05.2011

SAINT PSOTE STRAUSS-KAHN

Quelle vie édifiante que celle de SAINT PSOTÉ STRAUSS-KAHN ! Que chacun en prenne de la graine, s’il le peut ! Tout se passe autour de l’an 300, en Egypte. ARIANUS fut nommé gouverneur d’Antinoë.

 

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 Ce poste lui attribuait de facto la fonction de commissaire de police. Il devait être un petit maigre au teint jaune (les photos de l’époque ont été perdues, sans doute dans un déménagement; en voici une ci-dessus, présentée sous toute réserve d'authenticité), parce qu’il se flattait de savoir faire revenir les chrétiens au bon vieux polythéisme, la seule « vraie religion » de l’époque. On l’a compris : SAINT PSOTÉ STRAUSS-KAHN était dans les parages, évêque d’Antinoë. Arianus le fit convoquer dans son commissariat en se vantant de le faire promptement avouer, autrement dit apostasier. Après de grandes remontrances, comme quoi il était de son devoir et de son intérêt de sacrifier aux dieux, de se prosterner devant le divin empereur, il le vit se dresser fièrement devant lui, annonçant que c’était peine perdue : il avait reçu tant de bienfaits du Christ depuis l’enfance, qu’il était dans l’incapacité de renier celui qui avait souffert et était mort pour lui. La réponse d’Arianus fut sobre et compendieuse : « Nous verrons bien ». Les sbires l’enfermèrent dans une étable à cochons où le fumier et le purin lui montaient à mi-corps. Il y resta dix jours. Il en sortit aussi propre et bien portant qu’il y était entré. « Ah ! C’est comme ça ?! », proféra Arianus. SAINT PSOTÉ STRAUSS-KAHN fut enfermé dans une pièce où le commissaire-gouverneur fit apporter le contenu de tous les pots de chambre et de toutes les fosses d’aisance du palais, tout le caca, toute la merde disponibles aux alentours. Ci-dessous, la mise au jour des célèbres latrines d'Antinoë.

 

 

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L’évêque en avait jusqu’au cou (en plus, il était de haute taille). Il y passa vingt jours. Quand les sbires ouvrirent la porte, ils périrent noyés dans les « matières », et SAINT PSOTÉ STRAUSS-KAHN apparut, dans sa robe immaculée, le visage rayonnant de bonheur, sentant bon comme un parterre de roses (parfaitement, c’est dans le texte), continuant à chanter le psaume d’actions de grâce qu’il avait entonné en entrant dans la « fosse aux étrons ». Arianus se rendit compte que tout effort était vain. Pire, c’était de lui que tout le monde commençait à se moquer, et il ordonna la décapitation de SAINT PSOTÉ STRAUSS-KAHN.

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Les calendriers passent ce saint sous silence. Heureusement, les églises coptes ont pour lui une grande vénération.

 

 

09.05.2011

SAINTE OLIVE RAMAYADE

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SAINTE OLIVE RAMAYADE a deux particularités. La première, c’est que son nom fut souvent donné à des garçons (voyez les « Marius et Olive » des histoires marseillaises, au répertoire des « histoires drôles »). La deuxième, c’est que certains musulmans l’honorent : la plus grande mosquée de Tunis était naguère la « mosquée d’OLIVE ».

 

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On répète encore dans certaines contrées islamiques ce dicton : « Malheur à qui parle mal de SAINTE OLIVE RAMAYADE, car Allah sûrement le punira ! » (je n’invente presque rien : on trouve cette citation à la page 193). Son histoire est bourrée d’enseignements propres à l’édification des foules. Elle était une petite chrétienne de Palerme en Sicile, autour du 9ème siècle.

 

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A l’âge de treize ans, des pirates l’enlevèrent et l’emmenèrent à Tunis, avec l’intention de la mettre à mort. Mais elle était de sang royal et, qui plus est, jolie comme un cœur : elle fut épargnée. Malheureusement pour elle, en plus de guérir les malades par simple imposition des mains (ça c’était le sang royal qui parlait), SAINTE OLIVE RAMAYADE les convertissait, ce qui était mal vu. On l’abandonna bien dans une forêt infestée de bêtes féroces, dans l’espoir qu’elles la dévoreraient, mais elles furent impressionnées par tant de grâce et lui procurèrent tout ce dont elle avait besoin.

 

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Pire : les chasseurs qui s’aventuraient dans la forêt et la rencontraient reniaient l’Islam pour se faire chrétiens. Le comble : la petite maison de pisé que les castors lui avaient construite servait de point de ralliement aux habitants de Tunis, qui venaient lui demander de les bénir chrétiennement. Le gouverneur en eut marre. Mais SAINTE OLIVE RAMAYADE sortit en pleine santé du cachot où elle fut enfermée sans manger et sans boire pendant des mois ; elle ne souffrit pas le moins du monde du supplice du chevalet, non plus que de l’estrapade et du bûcher : le seul résultat obtenu était la conversion automatique de tous ses bourreaux. Enfin, pour trancher dans le vif, on lui trancha la tête.

 

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Au moment même, une colombe de couleur immaculée s’échappa de son corps et s’éleva vers le ciel : c’était son âme, que l’on célèbre fidèlement le 10 juin.

03.05.2011

SAINTE RACHIDA SCHOLASTIQUE

 

SAINTE RACHIDA SCHOLASTIQUE est morte près du Mont Cassin en 543. Elle aimait énormément un de ses frères, qui lui servait d'exemple et de modèle, et qu'elle suivait en tout et partout. Il s'appelait SAINT JAMAL BENOIT, saint méconnu, il faut même ajouter : injustement méconnu.

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Sa vie, il faut le reconnaître, était double, ce qui ne favorise pas une perception correcte des choses. D'un côté le saint homme, qui se démenait pour accroître l'audience de la religion, en fondant par exemple des monastères, tel celui du Mont Cassin. De l'autre, le voyou, selon les apparences ô combien trompeuses, qui trafiquait dans divers domaines, et qui se retrouvait pour cette raison dans les geôles de la maréchaussée. On explique d'ailleurs ainsi la sainte austérité des cellules du Mont Cassin, calquée sur celle qu'il avait expérimentée dans lesdites geôles, où le confort était pour le moins frugal.

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Il faut cependant savoir que Jamal Benoît, soucieux de propager sa foi dans les milieux les plus divers de la société, y compris les plus mal famés, s'était mis à fréquenter de bien mauvais garçons, auxquels il s'adressait toujours avec la plus grande bonté. Il acceptait, mais seulement pour les convertir, de les accompagner dans leurs forfaits. 

 

Sa soeur SAINTE RACHIDA SCHOLASTIQUE tâchait très chrétiennement de lui venir en aide dans les moments difficiles où il se trouvait coupé du monde : elle allait lui tenir compagnie en prison le plus souvent possible pour lui apporter un peu de douceur fraternelle (ou plutôt sororale) et le faire patienter. Ceux qui soutiennent qu'ils ne se voyaient qu'une fois l'an dans une dépendance de l'abbaye (laquelle ?), j'aimerais bien qu'ils produisent leurs sources.

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Toujours est-il que, même lorsqu'on lui confia quelque responsabilité pour administrer telle obscure officine chargée de produire des "justices" (les historiens se demandent encore en quoi pouvait consister cette marchandise, dont il semble qu'elle sortait d'une machine sous forme de boudin, si l'on en croit la corporation des charcutiers auprès de laquelle on pouvait se procurer ces "justices" en réclamant simplement un "déni"), même alors, disais-je, elle n'hésitait pas à déléguer ses fonctions pour se rendre à la prison et passer une journée avec SAINT JAMAL BENOÎT.

C'est même à la fin d'une de ces journées que SAINTE RACHIDA SCHOLASTIQUE demanda instamment à son frère de ne pas être séparée de lui. La faveur lui fut exceptionnellement accordée de rester, alors qu'une tempête se déchaînait au-dehors. La chronique l'affirme : "Les éclairs déchirent la nue, le ciel ouvre ses cataractes, le vent souffle en tempête, menaçant de tout emporter" (on trouve cette description à la page 57). Ils passèrent donc la nuit en pieux entretiens, et se quittèrent à l'aube pour ne plus se revoir. rachida dati,jamal dati,saints chrétiens,christianisme,littérature,politique

En effet, trois jours plus tard, comme il était à la fenêtre de sa cellule, Jamal Benoît aperçut l'âme de sa soeur SAINTE RACHIDA SCHOLASTIQUE qui montait au ciel, sous la forme d'une colombe. Il rendit grâce à Dieu, envoya chercher son corps et le fit déposer dans le tombeau qu'il avait préparé pour lui, et où il devait la rejoindre environ quatre ans plus tard.

 

30.04.2011

SAINTE THEODORINE LAGARDE DES KARPATHES

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SAINTE THEODORINE LAGARDE DES KARPATHES est une personne absolument remarquable dont il convient de connaître et de méditer la vie et les mœurs. Elle fut mariée, mais il est indubitable, selon la chronique, qu’elle mourut vierge (c'est ce qu'affirme péremptoirement la chronique). C’est que les époux n’avaient fait en s’unissant que déférer aux volontés des deux familles, convenant qu’aussitôt fini le repas nuptial,

 

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THEODORINE LAGARDE gagnerait le couvent de Buzau en Moldavie (ça ne s’invente pas), où elle s’enferma effectivement, et que son mari entrerait lui aussi dans les ordres si elle n’était pas rentrée au bout d’un an et un jour (c’est encore le délai légal pour entrer définitivement en possession d’une personne trouvée non réclamée (c'est également vrai des objets trouvés). 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une autre raison fut avancée pour le peu d’empressement que le jeune homme manifesta à épouser la jeune THEODORINE LAGARDE : sa haute silhouette un peu dégingandée qui lui donnait un air gallinacé, et la sorte de bec dont sa physionomie était affublée aggravaient les choses.

 

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Quand les Tatars eurent saccagé et incendié le couvent auquel elle appartenait, elle se retira dans une grotte elle-même  retirée des montagnes des Karpathes, non loin de Silha, en Moravie (au nom si bien porté : « mort-à-vie », quel bel oxymore pour signifier le lieu-non-lieu qu’est par définition une UTOPIE !). C’est là que ça devient intéressant : elle se nourrissait d’herbes sauvages, de racines, de fruits divers et, ce qui est plus original, du pain que lui fournissait gratuitement et quotidiennement un corbeau bénévole.

 

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 Certains économistes contemporains se sont emparés de l’histoire pour élaborer on ne sait quelles théories économiques fumeuses dont on voit bien encore à quelles catastrophes elles peuvent aboutir. Mais n’anticipons pas. Car il faut savoir que celle qui n’était pas encore SAINTE THEODORINE LAGARDE DES KARPATHES ne communiait dans les règles liturgiques que lorsqu’elle descendait à Silha, c’est-à-dire une fois par an, et une seule, et cela faillit lui jouer des tours « post-mortem », lors du procès en canonisation qui finit tout de même par aboutir à son inscription solennelle au calendrier officiel de notre sainte mère l’Eglise Catholique. Mais un jour, elle ne parut plus du tout dans la ville, et on la crut morte. Le prieur de Shastria (on a des références ou on n’en a pas, que diable !), par acquit de conscience, partit à sa recherche. Il la trouva. C’était un 24 octobre : elle ne mangeait plus rien du tout, mais son ami le corbeau continuait de la ravitailler. Elle sortit d’extase au matin. Le brave prieur « l’administra », comme on dit. Elle retourna aussitôt dans son extase pour y mourir.

 

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On l’enterra sur place. Ce lieu reste aujourd’hui controversé, au grand dam de tous ceux qui la prient quotidiennement. Peu de temps après, en tout cas, un très vieux moine vint s’agenouiller sur la tombe. Personne ne reconnut le mari de SAINTE THEODORINE LAGARDE DES KARPATHES, heureux de l’avoir enfin retrouvée et résolu à ne plus la quitter. Son souhait fut exaucé : il mourut là peu de temps après.

28.04.2011

SAINT CREPINIEN COHN-BENDIT

Une vie intéressante et édifiante que celle de SAINT CREPINIEN COHN-BENDIT, qui commença très tôt dans les turbulences. C’était, à n’en pas douter, un garçon d’une grande précocité, qui ne craignait pas de tenir tête,

 

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voire forte tête, à l’autorité, fût-elle en civil ou en uniforme. L’âge venant, toutefois, le feu de la jeunesse s’assagit, voire s’assoupit tant soit peu.

 

 

 

 

Il comprit que pour répandre sa foi sans donner l’éveil à ses persécuteurs, il lui fallait embrasser un état qui lui permît de se fondre dans la masse. C’est ainsi qu’il devint cordonnier-bottier, passé maître dans l’art de coudre le cuir : ayant beaucoup arpenté le sol, il avait quelque idée de la meilleure manière d’assujettir les pièces qui pussent donner à la marche une aisance et un confort optimaux. Il devint à ce point le meilleur dans sa partie que la corporation des cordonniers-bottiers, lorsqu’il lui fallut se choisir un saint patron, se porta vers SAINT CREPINIEN COHN-BENDIT à l’unanimité. Le lecteur indulgent admettra le portrait peu ressemblant de notre saint, la photo étant, à l'époque incertaine à laquelle elle fut prise, dans un état d'avancement tout à fait rudimentaire.

 

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Les pauvres louaient son désintéressement, les riches la haute qualité de ses productions : tous s’attardaient dans son échoppe à l’écouter exposer sa foi avec tant de verve et d’enthousiasme que beaucoup n’attendaient pas davantage pour se convertir à sa religion et à se faire admettre dans son Eglise, dont il était en quelque sorte un archevêque, voire le pape en personne. Cette religion, en ces âges obscurs, n'avait pas encore de nom. Elle porte, depuis que notre époque éclairée (comme tout le monde le sait) a pris vigueur, le nom de ECOLOGIE. Il va de soi qu’une telle trajectoire fait des jaloux : SAINT CREPINIEN COHN-BENDIT en suscita tant et plus, notamment chez ses concurrents-confrères directs SAINTE PIERRETTE VOYNET, SAINT CHRYSANTHE-YVES COCHET, SAINT MAGLOIRE LALONDE et SAINT FLORENTIN WAECHTER, pour ne citer que les principaux, qui revendiquaient chacun pour soi-même l’honneur, selon eux indu, qui lui avait été accordé. Qui ne sent tout ce que ce grief a d’injuste ? Toujours est-il qu’il fut dénoncé. Mais il se montra intrépide dans les supplices qui, comme on va le voir, lui furent généreusement accordés. Il fut d’abord plongé dans une marmite de plomb fondu (dont la température de fusion se situe à 327,5 degrés Celsius tout de même). Ensuite, on lui arracha tous les ongles des pieds et des mains, on découpa des lanières dans sa peau pour lui en faire des chaussures ironiques. Et pour finir, on le décapita, sans doute pour bien lui faire sentir sa douleur.  

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27.04.2011

SAINT CYRILLE-METHODE BORLOO

SAINT CYRILLE ET METHODE BORLOO, né à Salonique, mort entre 869 et 885, porte curieusement un double prénom dans le calendrier catholique (le 14 février). Certains mentionnent ce saint en écrivant CYRILLE-METHODE BORLOO : peut-être est-ce effectivement un prénom composé. L’hypothèse peut être retenue. Mais ce caractère double du prénom peut être, selon d’autres historiens, dû au fait qu’on cultivait à l’époque, dans la région de Salonique, des vignes qui donnaient des vins renommés, et dont ils pensent que notre saint aurait abusé jusqu’à « voir double ». jean-louis borloo, politique, religion, chrétien, littératurejean-louis borloo, politique, religion, chrétien, littératureL’idée est peut-être « controuvée », comme on dit chez les savants.  Les sources ne sont pas bavardes sur ce point. Troisième et dernière hypothèse, peut-être s’agit-il en définitive de deux individus différents, auquel cas il faudrait écrire SAINTS CYRILLE ET METHODE BORLOO (comme le font en général les calendriers contemporains peu informés), car sur les missions qui lui (leur) furent confiées, les sources sont elles-mêmes hésitantes : l’empereur Michel III et le patriarche Photius l’envoyèrent-ils dans la Moravie et la Pannonie pour évangéliser les foules dominées alors par les Allemands, pour contrer leur influence désastreuse, térébrante et décervelante et faire progresser la religion du « jugement juste » ? Fut-il chargé par eux d’installer une force structurée à même de « protéger les ressources » de l’Empire et de favoriser le « développement durable » de son influence sur cette région d’une grande richesse ? Fut-ce de son propre chef qu’il traduisit l’Evangile et les textes liturgiques dans l’alphabet de 38 lettres en vigueur dans la langue slavonne (et toujours utilisé), ou était-ce la mission secrète que Photius lui avait confiée sans en parler à Michel III, mission à peine suggérée dans un passage lacunaire d’un courrier qu’il fit parvenir au prélat en 862, et conservé dans les plus vieux et secrets parchemins de la Bibliothèque Vaticane ? Rien n’est moins sûr, et l’on se perd en conjectures. Ce qu’on sait en revanche, c’est que SAINT CYRILLE-METHODE BORLOO jean-louis borloo, politique, religion, chrétien, littératureeut à affronter l’hostilité et l’intolérance des Allemands, jaloux de son succès auprès des populations, qui le traitèrent d'hérétique auprès du pape de Rome (bien en vain, faut-il le préciser). Confirmé dans ses efforts, il passa pourtant deux ans dans les geôles allemandes. Ses ennemis, après s’être efforcés de le démettre de ses fonctions (son titre exact était « Ministre d’Etat ») allèrent jusqu’à fabriquer une « fausse contre-bulle » (ici au moins, je jure que je n’invente rien) qui lui faisait expressément défense d’utiliser le slavon dans la liturgie, l’obligeant à exercer presque en secret son apostolat. SAINT CYRILLE-METHODE BORLOO mourut en Moravie. Ses disciples et collaborateurs se réfugièrent alors en Bulgarie, région à partir de laquelle diffusa et s’imposa ce que l’on appela d’abord « l’alphabet   cyrillique-méthodique », qui devint bientôt, par un légitime souci de simplification : L’ALPHABET CYRILLIQUE. A part ça, on garde de lui, en général, l’image d’un saint très ouvert aux questions sociales jean-louis borloo, politique, religion, chrétien, littératureet environnementales, même que celles si avancées qu’il proposait en matière de logement sombrèrent plus ou moins dans le ridicule.

 

Fidèle à son habitude, le chroniqueur se contente de reproduire les informations que les diverses sources (y compris la sienne, forcément intérieure) mettent à sa disposition.

25.04.2011

SAINT THEOSTERICTE DELORS

SAINT THÉOSTÉRICTE DELORS est né à Bryllion au début du 8ème siècle. Comme je l’ai mentionné dans ma note sur sa fille, SAINTE THÈCLE AUBRY, il fut higoumène (ou mieux « hégoumène »), c’est-à-dire supérieur du monastère de Pélecète. Sa renommée était grande : il savait mieux que quiconque raconter les histoire drôles. Aux réunions de chapitre, au réfectoire, il obtenait un succès absolument énorme auprès des frères : il déclenchait l’hilarité. Peut-être était-ce son air volontiers pince-sans-rire. Ce qui reste, c’est qu’il était considéré comme LE joyeux drille du monastère, et quand il s’y mettait, à la prière instante de tous, et que ça se claque sur les cuisses, et que ça se tape le cul par terre, et que ça pisse dans son froc. Il faut l’avoir, au moins une fois (les témoignages abondent), entendu raconter « la blague du trou qui pète », qui déchaînait autour de lui des tempêtes de rire. Il a indéniablement transmis ce véritable don à sa fille, la désopilante SAINTE THÈCLE AUBRY.

 

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Soit dit par parenthèse, c’était une dure époque pour les chrétiens qui honoraient les images saintes : l’empereur Léon III l’Isaurien, surnommé l’ICONOCLASTE (briseur d’image) pour cette raison, et plus encore son fils Constantin Copronyme, ordonna de détruire et d’abattre les images dans les édifices sacrés et profanes, et de pourchasser tous ceux qui se rendaient coupables de ce crime. Cent vingt années de persécutions sanglantes s’ensuivirent, au grand dam des papes de Rome Grégoire II et Grégoire III. Il fallut le second concile œcuménique de Nicée en 787 pour que l’Eglise Catholique définît sa doctrine sur les images. Mais les violences de la secte iconoclaste ne prirent vraiment fin qu’à l’avènement de l’impératrice Théodora en 842. Je ferme la parenthèse et reviens à SAINT THÉOSTÉRICTE DELORS.

 

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Lui dont la fibre poétique chantait : « Si je désire une eau d’Europe, c’est la flache / Noire et froide où vers le crépuscule embaumé / Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche / Un bateau frêle comme un papillon de mai » (dont s’inspira, vers la fin du 19ème siècle, un tout jeune poète français du nom d’Arthur Rimbaud), avait les yeux fixés sur l’ensemble de ce continent européen, dont il travaillait sans relâche à l’unité, au-delà des bisbilles entre l’Eglise d’Orient et l’Eglise d’Occident, si longtemps séparées par une sorte de rideau métallique.  Les sbires de la police impériale envahirent un jour leur église, et les arrêtèrent tous en plein office divin. Non contents de ce forfait lui-même sacrilège (« en plein office divin » !), il incendièrent le monastère, et s’acharnèrent particulièrement sur Théostéricte Delors, dont ils coupèrent le nez. Puis ils enduisirent sa barbe de poix, et y mirent le feu, ce qui ne pouvait manquer d’ajouter un léger inconfort au léger désagrément que constitua l’incendie.

 

Les historiens, malheureusement, se perdent ensuite en conjectures sur ce qu’il advint de SAINT THÉOSTÉRICTE DELORS : son martyre est probable, quoique non attesté. Sa fête, en Europe, a été fixée au 19 mars.

24.04.2011

SAINTE THECLE AUBRY

Elle fut fille du renommé SAINT THEOSTERICTE DELORS, qui était higoumène (parfaitement !) du monastère de Pélecète, et que j’évoquerai prochainement. Le calendrier l’honore chaque 23 septembre. Elle naquit à Iconium au premier siècle. SAINT PAUL MITTERRAND fut apparemment séduit par la jeune et jolie Thècle, qu’il convertit bientôt et s’en fit accompagner dans ses périples. Son zèle à répandre l’Evangile devait, comme on pense bien, la conduire au martyre. Mais elle échappa aux « trois tourments cruels » que le démon lui avait préparés. Pour commencer, ce fut le lion chargé de la dévorer qui alla attraper les prêtres païens par la peau du cou et les amena à SAINT PAUL MITTERRAND pour qu’il les baptisât. Puis, au moment où le bourreau allumait le bûcher sur lequel on l’avait ligotée, une pluie diluvienne s’abattit, éteignant les flammes. Enfin, un phoque fut désigné pour la dévorer (si, si !), mais fut foudroyé avant même d’avoir entamé le premier morceau de la sainte.  SAINT PAUL MITTERRAND mourut autour de l’an 67 de notre ère, ce qui ne nous rajeunit pas. SAINTE THECLE AUBRY lui survécut cinquante ans, qu’elle passa à guérir tous ceux qui venaient à elle. Elle ne comptait pas ses heures de travail, ne comptait pas ses jours, elle ne prenait jamais ni repos ni RTT, ce qui devait mettre fin, d’ailleurs, prématurément (autour de 90 ans quand même, qu’on se rassure : voyez la photo prise quasiment au moment de sa disparition, en l'an 117).

 

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 Voici comment : comme elle avait complètement asséché la clientèle des médecins de tous les alentours, puisqu’elle exerçait gratuitement, cela fut bientôt considéré comme de la CONCURRENCE DELOYALE, voire comme de l’EXERCICE ILLEGAL DE LA MEDECINE, selon le code pénal en vigueur à l’époque. La corporation se réunit, entonnant bientôt un refrain que GEORGES BRASSENS devait parodier au 20ème siècle : « Quand Thècle Aubry faisait des miracles / pour guérir autant de malades / tous les gens, tous les gens du village / étaient là là là là là là », pour arriver au couplet fatal : « Puis un jour, ivres de colère / Ils s’armèrent de bâton ». Ils voulurent donc se saisir d’elle pour la conduire au gouverneur. Mais, s’ils furent débarrassés d’elle, ce n’est pas du tout parce qu’elle passa de vie à trépas, c’est parce que SAINTE THECLE AUBRY, de la grotte séleucienne où elle vivait, se précipita vers le rocher, qui s’ouvrit, puis se referma derrière elle. Ainsi entra-t-elle toute vive dans son cercueil. Cela ne manqua pas de frapper l’esprit de tous ceux qui étaient là, et qui commencèrent à répandre partout les miracles de SAINTE THECLE AUBRY, ce qui aboutit bientôt à sa béatification, puis à sa canonisation comme sainte de plein droit, avec usufruit jusqu’à la fin des temps.

 

Comme d’habitude, la plus grande partie de cette note est bien entendu puisée aux meilleures sources.

23.04.2011

SAINT FIACRE HOLLANDE

Curieusement, l’histoire raconte que SAINT FIACRE HOLLANDE est né en Irlande, et qu’il est mort en Seine-et-Marne, en un lieu qui lui était prédestiné, puisqu’il s’agit de la commune bien connue de Saint-Fiacre-en-Brie. Cet événement funeste serait intervenu autour de 670 de notre ère (on sait qu’on ne peut être décrété « SAINT » avant l’ère qu’on appelle « chrétienne »). Saint Fiacre Hollande, grâce à Saint Faron, lui-même fils d’une biche, d’où, évidemment, vient notre « faon Faron », dont la célébrité a atteint la Côte d’Azur puisqu’on a donné son nom à une montagne qui domine la ville de Toulon, fut autorisé à devenir ermite en forêt de Brie. On ne sait comment grandit sa renommée. Toujours est-il qu’il reçut des visiteurs qu’il récompensait, en quelque sorte, en priant sur eux, et en distribuant consolations et bons conseils (je n’invente rien). Il lui arrivait de les guérir. Principalement des hémorroïdes, l’usage étant que le pèlerin qui souffrait précisément de ce « mal de SAINT FIACRE HOLLANDE» s’asseyait sur la pierre où le saint s’était lui-même assis. On ne sait pas vraiment à quel épisode de sa vie se rattache cette tradition. Les archives ne disent pas tout. Il nourrissait en cas de besoin les pèlerins des légumes de son jardin, souvent des haricots. Ces jours-là étaient jours de fête. Principalement, il savait sur quel ton il fallait parler aux gens : toujours suave, toujours caressant, presque tendre, il atteignait ses auditeurs au fond de leur cœur, imperméable aux propos de quelques vilains jaloux qui ne se privaient pas de le brocarder de diverses expressions qui se seraient voulues blessantes. Heureusement, Fiacre Hollande était au-dessus de cette bave crapaudale, et allait son chemin vaillamment. Si certains lui auraient vu les manches de lustrine et le « rond de cuir » dont Courteline et Maupassant ont fait le symbole de la bureaucratie fin-de-siècle, il se voyait quant à lui sur la plus haute marche du podium électoral. Malheureusement, un journal d’opposition déterra une malheureuse affaire où un de ses ancêtres, QUINTIANUS HOLLANDUS (voir une note précédente), avec lequel il offre d'ailleurs une ressemblance de visage tout à fait spectaculaire (voir la gravure d'après nature),

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 avait fait torturer celle qui devint plus tard SAINTE ZITA ROYAL. Cette affaire lui coûta le poste de consul. Anne d’Autruche, bien connue pour avaler et faire avaler n’importe quelle fadaise, eut recours à ses miracles pour accoucher (enfin !) de LOUIS XIV. C’est d’ailleurs de cette curieuse circonstance que s’autorisa Monsieur SAUVAGE qui, en 1640, investit dans une compagnie de taxis (ça ne s’appelait pas ainsi, mais c’est pour donner l’idée), qu’il baptisa « voitures de Saint-Fiacre », tout ça parce qu’elles étaient attachées à l’hôtel de Saint-Fiacre. OMER ENGLEBERT (déjà cité dans plusieurs notes) ajoute, p. 282, que « les fiacres étaient tirés par un vieux cheval désabusé, que conduisait un cocher haut-perché, armé d’un fouet, surmonté d’un gibus ». J’adore quant à moi le « cheval désabusé ». OMER ENGLEBERT écrit parfois comme ALEXANDRE VIALATTE. Grâces lui soient rendues. Et que vive la mémoire de SAINT FIACRE HOLLANDE.

 

Il va de soi que la plupart des données figurant dans cette note ont été puisées aux meilleures sources, même s'il est possible que se soient glissées, ici ou là, quelques approximations susceptibles de gauchir la stricte vérité.