26.04.2011

VOUS AVEZ DIT CATHOLIQUE ?

Le monde entier, enfin, la presse du monde entier, écrite, audio et visuelle, bruit (et non pas "bruisse", comme on l'entend à longueur d'ondes hertziennes de façon imbécile : le verbe, c'est BRUIRE ! Quel beurré de journaliste prononcerait une phrase du genre :"Le Président RISSE de sa bonne blague" ?) d'une rumeur : la résurrection du "besoin de croire", le "grand retour du religieux". Et que je te parle de l'islam et de ses "fondamentalistes" ! Et que je te raconte les juifs ultra-orthodoxes qui estiment avoir plein droit à aller se recueillir sur la tombe de Joseph, en Cisjordanie, au risque de prendre des "balles réelles" (c'est curieux, dans la presse, depuis quelques semaines, la floraison de "balles réelles" : "Assad fait tirer sur la foule : 100 morts", c'est assez explicite, non ?) ! Et que je t'informe que le pape de Rome a donné "sa bénédiction à la ville et au monde" à l'occasion de Pâques ! Et que je t'organise un beau gros débat sur la laïcité en France, avec l'espoir pas si secret que les Français s'étripent sur le sujet, comme ça ils ne posent pas de question gênante à ceux qui gouvernent !

Le journal "Libération" ne fait pas exception : le numéro du lundi de Pâques, c'est-à-dire hier, affichait en "une", à côté d'une jolie photo de la jolie Marie-France Pisier qu'on vient de retrouver morte, le titre suivant, en très gros caractères : "PAQUES, LA CATHO PRIDE". Or, il se trouve, et c'est amusant, qu'étant plongé en ce moment dans les EXORCISMES SPIRITUELS II de PHILIPPE MURAY

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(dans ses ESSAIS, Les Belles Lettres, 2010, un volume impressionnant de 1800 pages), dans un passage où il décrit notre monde "hyperfestif" (dans lequel il n'y en a que pour les Love Parades, Fêtes de la Musique et autres Gay Prides), je tombe sur cette note, pages 861-862, dans laquelle il relève, et l'on est en 1997, un titre du journal "Libération" censé accueillir Jean Paul II à l'occasion des "Journées Mondiales de la Jeunesse". Ce titre, c'est : LA CATHO PRIDE. Il y a 14 ans, déjà le MEME TITRE. Cela en dit long sur un certain filtre idéologique du journal. Mais l'essentiel n'est, pour le moment, pas là.

L'essentiel, pour PHILIPPE MURAY, est dans le fait que les deux grands organisateurs des J. M. J. de 1997, sont exactement ceux qui avaient organisé "les festivités du Bicentenaire" et autres Gay Prides, nuits "Dance Machine", "Grande Moisson" sur les Champs Elysées, etc... Quand l'Eglise Catholique s'est adressée à eux, ils ont été confrontés à un problème :"Beaucoup de curés, confiait l'un d'eux, gardent hélas un esprit de fête de patronage." Quel MEPRIS pour la "fête de patronage" dans la bouche de celui qui parle, qui appartient à l'industrie "spectaculaire-marchande" (cf. évidemment GUY DEBORD) ! Je ne fais que reprendre les termes. L'auteur (PHILIPE MURAY, bien sûr) remarque ensuite que, ce faisant, "Les deux sémillants organisateurs de fiestas ne se sont pas mis au service de l'Eglise; c'est l'Eglise qui s'est mise à leur service". Fin de citation. On ne peut soupçonner PHILIPPE MURAY d'anti-catholicisme primaire, étant lui-même catholique déclaré. L'intérêt, c'est que ce numéro de Libération, avec sa une, confirme, dans le contenu des articles du dossier, cette dérive observée une quinzaine d'années auparavant.

Le PERE GUGGENHEIM, chercheur, docteur en théologie, le confesse de façon "décomplexée" (comme on le dit de la droite en France), en page 3 :

"Notre civilisation est un peu narcissique, si on n'est pas visible, on n'existe pas, il faut voir et être vu. Dans le passé, le catholicisme a été très visible mais il s'y est un peu brûlé les ailes et les doigts ! En même temps, il y a toujours eu, chez nous, une tension entre la visibilité et l'intériorité. Les cathédrales disent quelque chose du mystère de Dieu. Elles expriment par leur architecture quelque chose d'un mystère plus grand que nous. L'intérieur, le plus intime, peut également se traduire par une action sociale visible."

Je mets toute la citation, tellement ça me semble ENORME : quoi !? un prêtre de l'Eglise Catholique !? capable de réduire les CATHEDRALES au rang de vulgaires JOURNEES MONDIALES DE LA JEUNESSE !? Un prêtre de l'Eglise Catholique !? capable de confondre allègrement la FOI (que je n'ai pas, je précise) et le SPECTACLE (qui m'insupporte, de quelque bord qu'il vienne) !? Quoi !? réduire les CATHEDRALES à une vulgaire opération de COMMUNICATION !? Mais qu'est-ce que c'est, aujourd'hui, un "théologien catholique" ? Même moi, qui ne suis pas croyant, quand j'entre, à CHARTRES, que voici,

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à REIMS, à LAON, dans une cathédrale, je deviens humble devant ces prodiges accomplis par ceux qui un jour, eurent une FOI assez puissante pour avoir le GENIE de construire ÇA.

Et lui ANTOINE GUGGENHEIM, il vient nous faire en page 3 l'éloge, ni plus ni moins, de la PUBLICITE. Oyez, oyez : les CATHOLIQUES sont fiers d'être CATHOLIQUES. Moralité : devenez CATHOLIQUES ! C'est l'époque qui veut ça : les HOMOSEXUELS sont fiers d'être HOMOSEXUELS (et pourquoi les HETEROSEXUELS n'organiseraient-ils pas une "HETERO-PRIDE" ?). Moralité : devenez HOMOSEXUELS ! Les MUSULMANS sont fiers d'être MUSULMANS. Moralité : convertissez-vous à l'ISLAM ! Les "TEUFEURS" sont fiers d'être "TEUFEURS". Moralité : convertissez-vous à la TECHNO.

Et les CATHOLIQUES, qu'on se le dise, à bon entendeur salut ! font leur COMING OUT. On peut lire avec intérêt les COMING OUT (faut-il accorder ou pas ?) de ALINA REYES, OLIVIER PY, THIERRY BIZOT et AMANDA LEAR (oui oui, mais ce n'est pas la fille cachée du roi du même nom)philippe muray,église catholique,jean-paul ii,foi,publicité,religion,communication, en pages 4 et 5 du même journal. Pour exister, il faut être connu, dit le théologien. Moi qui ne le suis pas, théologien, ni connu, d'ailleurs, j'ai quand même quelques notions.

Les propos d'ANTOINE GUGGENHEIM constituent un AVEU : celui que l'Eglise Catholique est descendue dans le CIRQUE médiatique, non pas pour offrir des croyants en martyrs, mais pour DEFENDRE SES PARTS DE MARCHE. Et sur le MARCHE DES PRODUITS, on entend les bonimenteurs crier : "ELLE EST PAS BELLE, MA CALOTTE ? ELLE EST PAS CHERE, MA CALOTTE !" semble murmurer la bouche pulpeuse d'Amanda Lear (euh non ! elle, elle parle de sa CULOTTE). L'EGLISE CATHOLIQUE, qui prêche l'Evangile, est devenue elle-même le MARCHAND DU TEMPLE, que Jésus Christ fout dehors à grands coups de bâtons dans les tibias. Cela me fait penser au fabuleur chapitre des FRERES KARAMAZOV intitulé LE GRAND INQUISITEUR. Mais ça, ça mérite un traitement à part.

 

 

 

Commentaires

Gare dimanche prochain !

Écrit par : solko | 26.04.2011

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